Le Voyage Lyrique - Initiation à l'opéra

Le Voyage Lyrique - Initiation à l'opéra

Mes critiques de disques

Pietro Mascagni - IRIS

1863-1945 

Karine Babajanyan (Iris), Samuele Simoncini (Osaka), Ernesto Petti (Kyoto), David Ostrek (l’Aveugle), Nina Clausen (une geisha), Andrès Moreno García (un chiffonnier), Chœur et orchestre du Berliner Operngruppe, Felix Krieger

Oehms Classics (2 CD). Ø 2020. TT : 1 h 59’

Iris.jpg

 

On oublie souvent que le compositeur de Cavalleria Rusticana a composé une quinzaine d’œuvres lyriques dont beaucoup connurent à leur création, un réel succès. Ce fut le cas d’Iris que le Berliner Operngruppe nous invite ici à redécouvrir. Cette compagnie qui se consacre aux œuvres rares du répertoire italien, avait donné en concert une version demi-scénique de cet opéra. Ce disque en est la captation live. Il est d’autant plus le bienvenu qu’il en existe peu : un seul enregistrement studio, chez CBS avec Domingo, et quelques live, dont un souvenir de la bouleversante Magda Olivera qui reste la référence dans le rôle.

Créée en 1898, cinq ans avant l’œuvre de Puccini (qui était d’ailleurs dans la salle), Iris est la sœur ainée de Madame Butterfly : même ambiance japonisante, même type d’héroïne et même librettiste.

Illica s’est ici inspiré d’un vieux conte japonais : une jeune fille proche de la nature est victime du désir et de l’égoïsme et finit par être retrouvée mourante dans un égout. Heureusement, le livret se libère de ce réalisme un peu sordide par l’onirisme qui irrigue toute l’œuvre et des accents symbolistes mis en valeur par la musique. Car Mascagni a su créer une œuvre où le lyrisme coule à flots, mais aussi d’un grand raffinement orchestral, avec quelques touches impressionnistes, quelques soupçons d’exotisme, moins marqués que dans Butterfly et de belles pages pleines de grandeur, notamment le splendide hymne au soleil qui ouvre l’œuvre et traverse tout l’ouvrage.

L’Iris de Karine Babajanyan convainc par son aisance vocale et des nuances subtiles dans les passages intimistes. Dommage que cette voix puissante manque un peu de rondeur et ne puisse éviter des accents un peu durs et un vibrato trop large.

Le rôle difficile d’Osaka aurait mérité un timbre de ténor plus séduisant et un chant moins en force que celui de Samuele Simoncini. Le baryton Ernesto Petti campe un proxénète noir à souhait et le père autoritaire de David Ostrek sait aussi trouver des accents touchants.

Chœur et orchestre font preuve d’un enthousiasme évident dans la mise en valeur de ces pages chorales et orchestrales raffinées et voluptueuses de ce petit bijou injustement méconnu.

 



05/10/2021
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au site

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 847 autres membres