Le Voyage Lyrique - Initiation à l'opéra

Le Voyage Lyrique - Initiation à l'opéra

Hector Berlioz - Biographie

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Berlioz est un des principaux représentants de la musique française romantique. Seul grand compositeur orchestral de son pays, et de toute l’Europe pendant un temps, après la mort de Beethoven, Weber, Schubert, jusqu’aux débuts de Robert Schumann (1810-1856) et Franz Liszt (1811-1886). Sa vie entière a été une lutte pour imposer sa musique et il n’a jamais entendu certaines œuvres qu’il avait écrites. Liszt, son grand ami, conquis par la Symphonie fantastique, se dévoua toute sa vie pour faire jouer ses œuvres. Mendelssohn, Schumann, Chopin, Paganini et Wagner le soutiennent également.

Impulsif, passionné, sans concessions, il a besoin de grandes masses sonores pour s’exprimer. Il dépasse l’orchestration traditionnelle pour inventer de nouvelles formes d’instrumentation : usage du piano intégré à l’orchestre, contrebasses divisées, sons graves et aigus divisés en l’absence de tout registre médian, groupes de cuivre répartis dans l’espace, diversification des percussions. Il essayait de se libérer de ce qu’il appelait « la tyrannie des habitudes acquises ». C’était un artiste fier intègre, exigeant.

 

« Berlioz est un rossignol colossal, une alouette de grandeur d’aigle. La musique de Berlioz, en général, a pour moi quelque chose de primitif, sinon d’antédiluvien, elle me fait penser à de gigantesques espèces de bêtes éteintes, à des mammouths, à de fabuleux empires aux péchés fabuleux, à bien des impossibilités entassées ». H. Heine.

 

Biographie :

 

1803 : 11 déc. Naissance à la La Côte Saint André, Isère.

1811 : son père médecin prend la direction de ses études. Leçons de flûte et de guitare.

Il se passionne pour Virgile.

1815 : Connaissance d’Estelle Duboeuf. Première passion.

1816 : Premiers essais de compositions de mélodies.

1821 : Reçu bachelier à Grenoble, il part pour Paris pour des études de médecine. Il prend aussi des cours de littérature et se passionne srutout pour la musique.

1822 : étude des partitions de Gluck. Ecoute d’Iphigénie en Tauride de Gluck à l’Opéra. Il décide de se consacrer à la musique, encouragé par Lesueur, professeur au Conservatoire.

1823 : Premières compositions. Travaille personnellement l’harmonie avec Lesueur.

1824 : Passion pour Weber après écoute du Freischütz de Weber.

Première composition d’envergure, un oratorio perdu : Le Passage de la Mer Rouge. Il ne parvient pas à le faire représenter.

1825 : première tentative publique, messe solennelle à Saint Roch (détruite). 1er Echec au Prix de Rome. Sa famille le rappelle et menace de lui couper les vivres.

1826 : Retour à Paris en août. Inscription au Conservatoire dans la classe de Reicha.

La Révolution Grecque sur des paroles de son ami Humbert Ferrand.

Commence un opéra Les Francs Juges. L’ouverture restera son premier grand morceau instrumental.

1827 : suppression de sa pension de nouveau. S’engage comme choriste pour survivre, au Théâtre des Nouveautés ( il s’y joue des opéras comiques à son grand désespoir).

Cantate pour le prix de Rome : La Mort d’Orphée. Nouvel échec.

Son père lui rend sa pension. Il abandonne sa place de choriste à son grand soulagement

Il reprend ses soirées à l’opéra : prosélytisme et fanatisme pour Gluck.

11 sept. 1827 : représentations d’Hamlet puis Roméo et Juliette à Paris. Coup de foudre pour l’actrice qui joue Ophélie, Harriet Smithson. Elle connaît d’ailleurs un succès dithyrambique de Miss Smithson. Tout Paris ne parle que de la « Fair Ophelia ».

Berlioz essaye de se faire connaître d’elle en faisant jouer sa musique et demande la salle du Conservatoire. Echec relatif du concert, même s’il commence ainsi à se faire connaître du public et des artistes (mais pas d’Ophelia…).

1828 : premier concert de la Société des Concerts du Conservatoire sous la direction de Habeneck. Berlioz a la révélation de Beethoven qui lui ouvre un monde nouveau en musique.

Création de la Revue Européenne, à tendance monarchique, par son grand ami Humbert On lui propose la critique musicale. Il commence par des articles admiratifs sur Gluck , Spontini, Beethoven.

Juin 1828 : 2ème prix de Rome pour sa cantate Herminie.

1829 : Huit scènes de Faust. Très impressionné lors de sa découverte de la traduction en français du Faust de Goethe par Gérard de Nerval. Deviendront La Damnation de Faust.

Neuf mélodies irlandaises sur des paroles de Thomas Moore et Ballet des ombres (ronde nocturne pour chœur et piano).

Cantate : La Mort de Cléopatre. Toujours pas Prix de Rome.

1830 : Liaison avec une jeune pianiste, Camille Moke. Ses deux amours se mêlent pour inspirer la Symphonie Fantastique.

Orchestration de la Marseillaise lui vaut une lettre enthousiaste de Rouget de Lille.

La Tempête, ouverture pour chœur et orchestre pour l’Opéra. Echec du concert à cause… d’un orage.

21 aout 1830 : il obtient enfin le premier Grand Prix de Rome pour la cantate Sardanapale.

Déc. 1830 : la première exécution de la Symphonie Fantastique (et de la cantate Sardanapale) au Conservatoire consacre Berlioz comme le grand musicien romantique. Enthousiasme de Liszt qui devient son ami et son défenseur. Début du déchaînement d’une partie de la critique contre lui. Fureur du directeur du Conservatoire Cherubini : « Je n’ai pas besoin d’aller savoir comment il ne faut pas faire ».

Fiançailles avec Camille Moke.

1831. Début janvier. Départ pour la Villa Medicis à Rome.

Avril : lettre lui annonçant la rupture de ses fiançailles et le mariage de Camille avec Pleyel. Parti pour Paris avec des idées de vengeance, il s’arrête à Nice. Velléités de suicide. Ecriture de l’Ouverture du Roi Lear. Il décide finalement de rentrer à Rome, en faisant au passage un beau séjour à Florence, la ville italienne qu’il préfère.

Il est consterné par l’opéra italien et la musique d’Eglise. Il s’ennuie en Italien et se sent exilé du monde musical.

Composition de Lelio, suite de la Symphonie fantastique.

Mai 1832 : retour d’Italie.

Harriet Smithson a ouvert un théâtre anglais à Paris. Désaffection du public pour Shakespeare. Elle se ruine puis se casse une jambe. Berlioz la prend sous sa protection.

9 déc. 1832 : Concert Berlioz avec La Symphonie Fantastique et Lélio en présence de Victor Hugo, Alexandre Dumas, E. Sue, Heine, Paganini, et Harriet. « Effet foudroyant » de la symphonie.

Une soirée organisée avec Liszt et Chopin lui permet de rembourser quelques une de ses dettes.

Nov 1833 : Mariage avec Harriet en nov. 1833. Liszt est témoin.  

Amitié avec Chopin, Vigny, Auguste Barbier, Eugène Sue et Joseph d’Ortigue, musicologue et grand admirateur de Berlioz. Il commence à avoir des partisans à Paris.

Nov. 1833 : représentation « bénéfice Berlioz-Smithson » désastreuse au Théâtre italien.

22 déc. 1833. Concert au Conservatoire en présence de Paganini. Il lui demande un concerto pour alto.

1834 : Naissance de son fils Louis Berlioz.

Sa symphonie avec alto Harold en Italie est jouée le 23 novembre au Conservatoire et connaît un réel succès auprès de ses admirateurs, mais le grand public reste indifférent.

1834 : fondation par Schlésinger de La Gazette Musicale qui deviendra le bastion des berlioziens.

1835 : Il devient feuilletoniste au Journal des Débats ce qui lui assure un revenu fixe, mais l’oblige à un travail régulier qui le hantera sans cesse. « Cette tâche toujours renaissante empoisonne ma vie ». Il signe des articles virulents qui font de lui un des critiques les plus en vue à Paris.

1837 : Commande officielle d’un Requiem exécuté le 5 déc. aux Invalides sous la direction de Habeneck avec succès.

Lassitude au foyer de Harriet et Berlioz. Elle cherche à reprendre sa carrière théâtrale interrompue.

1838 : achèvement de l’opéra Benvenuto Cellini et représentation à l’Opéra. Chute après 4 représentations suite à une cabale.

Déc. 1838 : don de Paganini de 20000 francs (environ 100000 francs de 1969), suite à un concert au Conservatoire où il joue notamment la symphonie Harold en Italie, dont Paganini avait été d’une certaine manière l’instigateur (commande d’un concerto pour alto).

Grâce à cet argent, Berlioz se consacre à sa nouvelle « symphonie dramatique » Roméo et Juliette qui sera exécutée au Conservatoire devant une salle comble avec de nombreux artistes et écrivains. C’est un triomphe.

1840 : Commande officielle de la « Symphonie funèbre et triomphale » pour le dixième anniversaire de la Révolution de Juillet. Echec de la représentation en plein air mais succès complet de la générale.

1841 : Berlioz souffre de la jalousie d’Harriet et finit par prendre une maîtresse, la médiocre cantatrice Maria Recio. « Un hasard aidant je finis par prendre les bénéfices d’une position dont je n’avais que les charges, et ma vie fut complètement changée ». Séparation à l’amiable d’avec Harriet.

1843 : succès de ses concerts en Allemagne grâce à l’aide de Schumann, Mendelssohn et Wagner. Publication du Traité d’Instrumentation.

1844 : Le Carnaval Romain, Ouverture tirée de l’Acte II de Benvenuto Cellini.

Août : publication du Voyage musical en Allemagne et en Italie.

1845 : janvier. Concert au Cirque-Olympique (500 musiciens).

Oct. Départ pour l’Autriche. Concert à Vienne grâce à Liszt.

1846 : Janvier : voyage vers Prague. Février : A Budapest, la Marche Hongroise enthousiasme l’auditoire. Il la reprendra dans La Damnation de Faust.

Juin : « Chant des Chemins de fer pour l’inauguration de la Gare de Lille.

6 déc. Première audition de La Damnation de Faust à l’Opéra Comique. Echec total.

Berlioz a tout engagé dans l’entreprise. Il est ruiné.

1847 : il part seul pour la Russie pour se renflouer. Nombreux concerts et succès total.

Idylle passagère à Saint-Pétersbourg avec une jeune russe.

Concert à Berlin en juin. Juillet : retour à Paris. Sept. Séjour à la Côte Saint-André.

1848 : installé à Londres, il connaît des désillusion et les nouvelles de la Révolution de 1848 à Paris l’alarment : « La République passe son rouleau de bronze ». « L’art musical est mort. On va le jeter à la voirie ». Il conçoit à Londres l’idée d’écrire ses mémoires.

Juillet 1848 : retour à paris. Mort de son père. Il n’aura jamais entendu une œuvre de Berlioz.

Août-septembre : Pèlerinage chez son amour d’enfance, Estelle. Harriet est victime de plusieurs attaques. Paralysée et aphasique.

1849 : janv-sept composition d’un Te Deum exécuté en 1850 à St Eustache.

Plusieurs voyages et concerts à Londres.

Nov. 1852 : Départ avec Maria Recio pour Weimar. Liszt y a organisé une semaine Berlioz et a fait monter Benvenuto Cellini. Triomphe.

Déc. Publication des « Soirées de l’orchestre ». Succès du livre.

Renonce à la composition d’une symphonie qui lui trottait dans la tête par soucis financiers.

1854 : 3 mars, mort de Harriet. Il épouse Maria Recio.

déc : Succès inattendu de l’exécution de l’oratorio L’Enfance du Christ.

1855 : Voyage en Allemagne, conçoit l’idée des Troyens sur des conseils de ses amis.

Mai-juillet : concerts à Londres, Bruxelles.

Nov. Concerts pour l’Exposition Universelle dans le Palais de l’Industrie.

1856 : Fév. Voyage à Weimar. Juin : Election à l’Institut après 3 échecs.

La « névrose intestinale » s’accentue.

1858 : Achèvement des Troyens.

1859 : Publication des Grotesques de la Musique.

Sept. oct : travail pour la réalisation de l’Orphée de Gluck à l’Opéra

1860 : janv.  Concert de Wagner à Paris. Critiques sévères de Berlioz qui ne comprend rien au Prélude de Tristan et Iseult.

Août. Voyage à Bade. Il conçoit l’idée d’un Opéra Comique, Béatrice et Bénédict, d’après « Beaucoup de bruit pour rien » de Shakespeare.

1861 : Berlioz fait graver Les Troyens à ses frais.

1862 : Béatrice et Bénédicte est représenté en août à Bade. Il ne le sera jamais à Paris du vivant de Berlioz.

Juin : Mort de Marie Recio. - Idylle avec une jeune femme, Amélie.

Publication de « A travers chants », recueil d’articles sur la musique.

1863, nov : représentation des Troyens à Carthage au Théâtre Lyrique. Succès mitigé.

La Prise de Troie ne sera jamais représentée du vivant de Berlioz.

Sept : Voyage en Dauphiné. Il renoue par lettres avec Estelle et la demande en mariage sans succès.

1866 : s’occupe d’adapter Armide de Gluck et de faire représenter Alceste de Gluck.  

1867 : Fin juin : il apprend la mort de son fils de la fièvre jaune à La Havane.

Juillet : il brûle à la Bibliothèque de Paris toutes les lettres qu’il a reçues durant sa vie, les photographies, les articles le concernant.

Mars : Départ pour Nice. Deux congestions cérébrales.

1869 : 8 mars. Mort de Berlioz à Paris.

1870 : Publication posthume des Mémoires.      

 

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A consulter également:

Les Troyens, un opéra d’Hector Berlioz

 

La Vengeance d’Apollon et le retour d’Hector Berlioz, un roman de Julia Le Brun



22/01/2019
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