Le Voyage Lyrique - Initiation à l'opéra

Le Voyage Lyrique - Initiation à l'opéra

L'opéra et la publicité

 Les Tubes de l'Opéra remis en perspective

 

De tous les genre musicaux, l’opéra est peut-être celui qui a été le plus propice à la naissance de « tubes », pour le meilleur et pour le pire… Ces mélodies qui s’accrochent à nous et nous restent dans la tête sans même que l’on s’en aperçoive ont un potentiel, l’industrie publicitaire contemporaine a bien su l’utiliser… mais que l’on  ne s’y trompe pas, nos arrière-grand parents y étaient aussi sensibles que nous.

 

Un exemple flagrant : Giuseppe Verdi était si certain du succès de son air « La Donna è Mobile", extrait de son opéra Rigoletto (qui deviendra pour nos grands-parents « comme la plume au vent ») qu’il interdit au ténor de la répéter en public afin qu’elle ne devienne pas célèbre avant la première. Il avait raison car sa « Donna è Mobile » est encore aujourd’hui mondialement connue, et l’interprétation brillante qu’en faisait Pavarotti n’a fait que renforcer ce succès populaire. 

 

Je souhaiterais présenter ici quelques uns de ces tubes lyriques utilisés notamment par un des genres vidéos les plus universellement diffusé dans le monde, la publicité.

 

Je veux vous expliquer ce que sont ces tubes, d’où ils viennent, ce qu’ils disent exactement, et vous verrez ainsi à quel point le potentiel de l’opéra est immense !

 


 

Air de la Reine de la Nuit - La Flûte Enchantée - Mozart

 


Evidemment, tout le monde connaît cette célèbre démonstration de virtuosité pour soprano colorature. Mais souhaiteriez-vous en savoir un peu plus ? En voici une présentation :

 

 


 

"Nessun Dorma" - Turandot - Puccini

 

 

"Que nul ne dorme", le grand air de Calaf dans l'ultime opéra de Puccini. Un air d'espoir et de victoire. En voici une présentation détaillée :

 

 


La Donna è Mobile - Rigoletto - Verdi

 

 

« La donna è mobile »

Extrait de Rigoletto de Giuseppe Verdi, ACTE III

 

Rigoletto est un des plus célèbres opéras de Verdi et un des plus aboutis. Créé à  la Fenice de Venise en 1851, sur un livret de Francesco Maria Piave, d’après « Le Roi s’amuse » de Victor Hugo, il fait partie de la grande « trilogie » verdienne.(La Traviata, Rigoletto, Le Trouvère)

 


 

L’histoire se situe à Mantoue à l’époque de la Renaissance. Le Duc de Mantoue (un avatar de François 1er) est un coureur de jupons qui séduit volontiers toutes les dames, qu’elles soient riches ou pauvres, avant de les abandonner sans autre forme de procès. C’est le sort qu’il a réservé à la fille de son bouffon Rigoletto. Ce dernier, fou de rage, a juré de se venger et payé un spadassin pour assassiner le séducteur... Au moment de chanter cet air, le Duc a été attiré dans la maison du spadassin par les charmes de la soeur de ce dernier, Magdalena. En attendant la jeune femme, le Duc, d’humeur joyeuse, entonne une chanson parfaitement  à son image :  les femmes sont légères, changeantes  et versatiles mais aucun homme ne saurait pourtant se passer de leur amour…

Magdalena et Gilda, la fille de Rigoletto l’écoutet, béates d’admiration devant le beau godelureau… et se disent alors qu’elles pourraient peut-être essayer de le sauver…

 

Une autre publicité utilise le premier air du Duc de Mantoue, à l'acte I :

 

 

En version réelle, cela donnera cela :

 

Elle ou une autre, cela m'est indifférent,
J'en vois tant autour de moi.
Je ne cède pas plus à l'une qu'à l'autre
L'empire de mon cœur
Leur beauté est un don
Dont le destin enchante notre existence.
Si l'une d'elle me plait aujourd'hui
Peut être demain sera-ce une autre.
Nous détestons la fidélité
Ce tyran des cœurs comme la peste
Que seul celui qui le désire reste fidèle ;
Il n'y a pas d'amour là ou il n'y a pas de liberté
Je me ris de la rage jalouse des maris
Des fureurs des amants ;
Et je défie les cents yeux d'Argus
Pour peu que je sois aiguillonné par quelque beauté.


 CARMEN - Bizet

 

L'opéra le plus célèbre de Bizet et peut-être l'un des plus connus du répertoire lyrique a certainement aussi été l'un des plus utilisés pour toucher la fibre musicale du grand public.

 

Quelques extraits de publicités:

 

Ajax, 1990 

Voici une utilisations assez effroyables de la fameuse "Habanera" de Carmen.

 

 

Et Tournebon, c'est si bon!

 

Et pour s'amuser... (enfin, histoire de ne pas s'arracher les cheveux)

 

 

Bon, revenons aux choses sérieuses maintenant!

 

Carmen, Acte I "L'Amour est un oiseau rebelle" par Elina Garanca

 

 

Carmen est un opéra composé par George Bizet d'après le roman de Prosper Mérimée et monté pour la première fois en 1875. Cet opéra n'a pas porté chance à son compositeur puisque trois mois après le fiasco total de la première à l'Opéra Comique, Bizet est décédé d'un infractus à l'âge de 36 ans. Il n'aura pas la chance de connaître le succès futur de son opéra qui est devenu depuis une des oeuvres les plus jouées du répertoire lyrique.


Pour la petite histoire, pour composer la fameuse "Habanera", Bizet s'est inspiré de l'oeuvre d'un compositeur basque de l'époque: Sebastian Iradier. 

 

L'air est interprété par une mezzo-soprano, c'est à dire une voix de femme plutôt grave. (voir mon article sur les voix de l'opéra)

 

L'histoire se situe à Séville au début du siècle.

Toute la population mâle de Séville attend l'heure de la pause des cigarières, ces femmes qui travaillent dans l'usine de cigares et qui, dit-on, y sont "à moitié nues", ce qui nourrit tous les fantasmes. Mais celle qu'ils attendent par dessus tout, c'est la Carmencita, la bohémienne. 

Et pourtant, Carmen n'est pas vraiment une femme facile. Elle sait seulement s'y prendre avec les hommes. Séductrice et libre, elle est seule maître de son destin et les met tous en garde: "Si je t'aime, prends garde à toi". Ce credo, elle le délivre sur la musique sensuelle d'une Habanera. Il s'agit d'une danse espagnole et argentine originaire de Cuba, dont découlera plus tard le Tango.

 

"Si tu ne m'aimes pas, je t'aime"... La belle bohémienne va finalement jeter son dévolu sur le seul homme de la foule qui ne s'intéresse pas encore à elle: un brigadier du nom de Don José. Et c'est là que les ennuis commencent.


La Walkyrie - Richard Wagner

 Citroën Saxo

 

 

Ce sont de farouches guerrières que ces Walkyries toutes droit sorties des mythologies nordiques et auxquelles Richard Wagner a donné une voix au combien impressionnante ! Pourtant, le croirez-vous dans cet air, elles ne font que s’amuser et s’interpeller dans le cadre d’une charmante réunion familiale. Ce sont les cris joyeux de sœurs heureuses de se revoir.

Cette chevauchée, c’est la quintessence de l’art wagnérien pour le grand public.

L’ampleur, la jubilation, la force, l’élan qui en émanent sont sans doute restés inégalés.

Mais savez-vous qui elles sont réellement ? Les Walkyries sont ces déesses, filles de Wotan, qui apparaissent en rêves aux héros à l’aube de la bataille pour leur annoncer qu’ils vont mourir au combat. Elles viendront alors les chercher afin qu’une fois passés dans l’au-delà, ils viennent grossir les rang de Wotan, l’Odin germanique, afin de le défendre quand ses ennemis viendront attaquer sa forteresse du Walhalla (le temple des élus) le jour de Radnarok, le Crépuscule des Dieux.

Nous sommes au troisième et dernier acte de La Walkyrie, second opus de la fameuse Tétralogie de Wagner, l’œuvre de sa vie.

Les Walkyries vont progressivement arriver sur leurs chevaux voltants, s’interpellant entre-elles en utilisant leur cri de guerre. Ce sont toutes des voix extrêmement puissantes, certaines graves, alto, mezzo-soprano, d’autre plus aiguës, sopranos.

Le mouvement imprimé à l’orchestre, à la rythmique implacable, semble tourner sur lui-même.

Sur cette base se pose le motif si célèbre des walkyries : deux cors et une trompette basse. Après ce prélude, on enchaine sur le cri de guerre des Walkyries. 

C'est une chevauchée à la fois démesurée, sauvage et répétitive, un vacarme orgiaque. Elles s’amusent, rient, sont heureuses d’être ensemble.

Réécoutons ensemble cette merveilleuse orgie musicale dans la mise en scène flamboyante du Metropolitan Opera de New York sous la baguette de James Levine dans les décors somptueux du metteur en scène canadien Lepage. L’installation de sa machinerie impressionnante leur a coûté bien des tracas, mais le résultat est vraiment à la hauteur de leurs aspirations.

 

 


Casta Diva - Norma (Bellini)

Perrier

 

 

 

 

 "Casta Diva" est un des airs les plus célèbres du bel canto romantique.

Il est extrait de l'opéra Norma, un des chefs d'oeuvre de Vincenzo Bellini. 

L'histoire est située en Gaulle, pendant l'occupation romaine, (à l'époque d'Astérix !). 
Norma est une grande prêtresse gauloise... qui est tombée amoureuse du proconsul romain Pollione et lui a fait deux enfants...

Elle fait donc pression sur les Gaulois rebelles pour qu'ils ne brisent pas la paix romaine. 

 

"Casta Diva", "chaste déesse" est une prière adressée à la Lune, chantée en cueillant le gui sacré. Elle lui demande d'apaiser la colère des Gaulois et de faire régner la paix sur terre. Peut-être espère-t-elle également que la Déesse exaucera sa propre prière secrète : que Pollione ne l'abandonne pas et ne reparte pas sans elle à Rome. 

 


  Thais (Massenet) - Méditation

 


 

 


La Force du Destin - Verdi - Ouverture

Passat

 

 


  La Wally - Catalani - "Ebben, neandro lontana"

Le fois gras Delpeyrat

 

  

Voici cet air par la splendide Anna Netrebko:

 

 Traduction :

« Eh bien, je m’en irai loin, 
Aussi loin que l’écho de la pieuse cloche... 
Là, à travers la neige blanche ! 
Là, à travers les nuages d’or ! 
Là où l’espoir 
Est regret, est regret, est douleur ! 
O de de toi ma mère, maison joyeuse, 
La Wally s'éloignera, très loin de toi, 
Et peut-être, peut-être ne reviendra-t-elle jamais plus vers toi
Tu ne la reverras plus ! 
Jamais plus... jamais plus. 
Je m’en irai seule et loin... 
Aussi loin que l’écho de la pieuse cloche, 
Là, à travers la neige blanche ! 
Je m’en irai, je m’en irai seule et loin... 
Et à travers les nuages d’or ! »


Il Trovatore - Verdi - Choeur des gitans dit "des enclumes"

 

 

Voici le choeur des gitans qui ouvre l'Acte II du Trouvère de Verdi :

 


La Traviata - Verdi 

 

Nissan

 

 

Le fameux "brindisi" de l'acte I : hymne à la joie et à l'amour sans lendemain, illustration de la vie légère et futile de la courtisane Violetta :

 

 


 "Lascia ch'io pianga", Rinaldo, Haendel

 

 

 

 

 

 

 

 



20/04/2016
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